Juriste, écrivaine en herbe et optimiste !

Mener de front un travail de juriste et écrire un livre, un pari relevé par Stéphanie ! A 40 ans, elle publie un premier roman avec un attendrissant portrait de sa banlieue en toile de fond. Une expérience qui saura, sans aucun doute, vous inspirer et vous donner envie de prendre la plume !

Disnous ce que tu voulais faire comme métier quand tu étais petite.  

Enfant, je voulais être avocate car j’étais folle de séries comme Perry Mason, Cosby Show et Ally Mc Beal ! Je viens aussi d’un milieu ouvrier dans lequel l’université de droit était synonyme de prestige. 

Finalement quelles ont été tes études ? Tu fais quoi aujourd’hui ? 

Je suivi un cursus de droit et j’ai obtenu une maîtrise de droit privé à Paris XIII Villetaneuse. A 23 ans, je suis rentrée dans une compagnie d’assurance en qualité de juriste généraliste. Petit à petit, je me suis spécialisée en droit immobilier puis en droit de la construction. Aujourd’hui je suis responsable du service recours et franchises construction. J’encadre 6 personnes. 

Concrètement, quel est ton rôle ? 

Mon service est chargé de récupérer auprès des assureurs de responsabilités les indemnités  versées aux assurés lésés par la compagnie. En tant que responsable, je suis bien sur chargée de l’encadrement de l’équipe : formation des collaborateurs, amélioration des process, mise en place des outils notamment digitaux. Je pilote également un pôle plus commercial en relation avec les entreprises assurées pour récupérer les franchises et régler les litiges contractuels. C’est un poste dont les fonctions sont variées puisque mes compétences de juriste me permettent de représenter ma société dans diverses commissions dans lesquelles je défends des dossiers à forts enjeux.  

Qu’aimestu dans ton travail actuel ? 

Tout d’abord, j’apprécie l’aspect relationnel. Je suis en contact avec des acteurs très variés: experts, avocats, représentants de compagnies adverses, clients, courtiers. La négociation est une grande partie de mon travail. En amont, il y a un travail de recherche. En aval, négocier et gagner un dossier est intellectuellement très stimulant. Et puis, ma responsable me laisse une grande autonomie. J’aime me lever le matin et retrouver mes collègues. J’aime me sentir utile et le fait que nos actions se traduisent dans les résultats! 

Et sinon, as-tu des passions ? 

Les chaussures et la mode urbaine qui travaille le wax (tissu africain) ! Mais pas que ! Je porte un intérêt grandissant à l’art en général et plus particulièrement à la création africaine et ses influences dans l’art occidental. Je pourrais passer des heures devant un tableau. Je suis émerveillée comme une enfant lâchée dans un magasin de bonbons. Il parait qu’on libère l’hormone du plaisir quand on contemple une œuvre. Je suis accro en fait ! Je n’oublie pas non plus l’écriture qui fait partie de ma vie depuis toujours! 

L’écriture…tu es donc une écrivaine en herbe ! Quand as tu eu le déclic ? 

J’ai découvert une artiste Ingrid Baars qui s’inspire de l’Afrique dans ses œuvres. J’ai eu la chance de la rencontrer en 2012 lors de son vernissage « L’Afrique c’est chic ». J’ai été subjuguée par son travail et je me suis rendue compte que ce monde artistique, que je touchais pour la première fois, avait finalement quelque chose d’accessible. Elle pouvait vivre sa passion alors pourquoi pas moi ! J’avais l’envie d’écrire sans oser me lancer. Puis en 2013, je prenais enfin la plume. 

Pourquoi écrire te plait ? 

En écrivant, j’ai appris à me connaitre. Je fais partie des personnes dites hypersensibles. L’écriture c’est une façon de ressentir profondément ses émotions et de prendre le temps de trouver les bons mots pour les exprimer. Durant l’écriture de mon roman, j’ai retrouvé la vision malicieuse de la petite fille que j’étais et fouillé au fond de moi pour savoir qui j’étais vraiment (et je n’en ai pas terminé). 

Parle nous de ton livre. Comment t’estu inspirée ? 

Mon livre, « O’rage des Perséides », parle d’une histoire d’amitié entre une fillette de banlieue un peu paumée et une artiste colombienne exubérante. C’est le fil rouge de l’histoire. Mais c’est surtout un prétexte pour parler des choses que j’aime (l’art, la danse, la musique, le multiculturalisme et un peu de sociologie urbaine et politique aussi). C’est aussi une métaphore de la vie : Comment dépasser les difficultés de la vie, comment un état d’esprit positif peut influer sur son destin. C’est un livre que j’ai voulu optimiste et drôle et qui ne tombe jamais dans le misérabilisme gratuit. On grandit avec le personnage principal et on la voit soulever des montagnes pour changer de vie. Structurellement, il y a deux parties : une première qui est semi-autobiographique. Cela m’a permis de commencer l’écriture avec un sujet que je maitrisais. La seconde partie est fictive. J’ai pu exprimer davantage ma créativité dans les situations et les personnages. 

Comment as-tu jonglé entre ton travail, ta famille et ton livre ? 

Je pourrais vous dire que je suis une reine de l’organisation…Mais non… En réalité, j’ai surtout fait comme j’ai pu ! J’ai 2 enfants (8 ans et 13 ans) qui sont davantage autonomes maintenant et puis il faut le dire : j’ai un mari super impliqué! Pour écrire, j’avais besoin de calme pour me concentrer et rentrer dans mon monde. Donc, le soir quand tout le monde était couché, je m’y mettais. Le plus dur est sans doute de ne pas se laisser polluer par l’extérieur comme le téléphone, internet…Je me suis auto-disciplinée ! 

Quelles sont les qualités indispensables selon toi, pour écrire un livre ? 

L’envie. L’écriture d’un roman, c’est long et fastidieux. Il faut rester motivée même quand les idées se font plus rares et que la page blanche nous guette. Par ailleurs, je suis passée par toutes les phases du créatif : certains jours j’étais contente de voir l’histoire avancer et d’autres fois j’étais désespérée par mes tournures de phrases ou mon manque d’inspiration. Je pense aussi que l’hypersensibilité a été un atout dans mon travail, en tout cas, dans le traitement des émotions des personnages. Il fallait que le lecteur s’identifie et soit touché. En contrepartie je vais devoir me confronter au jugement des autres et apprendre à accepter les critiques. 

D’un point de vue personnel, finir l’écriture d’un livre t’a apporté quoi ? 

La satisfaction d’avoir mené un projet à son terme. J’ai ce sentiment d’avoir achevé quelque chose d’important dans ma vie, de m’être accomplie. 

Une envie de faire un autre métier lié à l’écriture ou pas !? 

C’est encore un peu tôt pour répondre à cette question. L’écriture est un réel plaisir même si je n’ai pas encore acquis la fluidité qui rendrait la chose évidente ! Le métier d’écrivain est difficile et il y a peu d’élus qui en vivent. Je réfléchis à  un second bouquin qui se fera en parallèle de ma vie de juriste. 

Des conseils pour ceux qui ont envie de tenter l’expérience? 

Se lancer et y croire car les échecs valent mieux que les regrets. Entourez-vous des bonnes personnes, fuyez les gens toxiques. Il faut se voir comme un sportif de haut niveau : l’état d’esprit est fondamental, que ce soit pour l’écriture d’un livre ou un tout autre projet. 

Un mot pour la fin ? 

« Celui qui veut réussir trouve un moyen, celui qui ne veut rien faire trouve une excuse. » 

Merci Stéphanie. 

 

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